Thérapie du traumaThérapie individuelle30 septembre 202612 min

Quand le deuil ne se fait pas : pourquoi et comment accompagner les deuils difficiles

Un deuil qui ne passe pas n'est pas un deuil « raté ». Comprendre pourquoi la souffrance persiste, distinguer deuil difficile et traumatisme, et découvrir comment un accompagnement (TCC, hypnose, thérapie du trauma) peut aider.

Barque en bois amarrée au ponton sur une eau calme, bordée de roseaux et de végétation verte

Perdre une personne que l'on aime, vivre une séparation, faire face à une maladie, à une perte professionnelle, ou à tout autre bouleversement important peut profondément modifier notre vie.

Le deuil est un processus advenant suite à une perte. Il n'est ni une maladie, ni un état que l'on pourrait simplement « terminer » en quelques étapes. Chacun le traverse à sa manière, avec son histoire, ses ressources, ses fragilités et la nature de la perte vécue.

Mais parfois, le temps ne suffit pas. La souffrance reste extrêmement intense, certaines émotions semblent figées, des souvenirs continuent de provoquer une réaction particulièrement forte ou bien la personne a l'impression de ne plus parvenir à reprendre le cours de sa vie.

Dans ces situations, un accompagnement psychothérapeutique peut s'avérer nécessaire.

Le deuil : une expérience singulière

Le deuil ne se résume pas à la tristesse. Il est fait de multiples émotions, sentiments, ressentis entremêlés : chagrin, détresse, colère, culpabilité, soulagement, peur, solitude, incompréhension ou encore sentiment d'irréalité, déni, révolte, regrets, injustice etc. Ces émotions et sentiments peuvent se succéder ou apparaître simultanément.

« Faire son deuil », un continuum précis ?

Contrairement à la définition que l'on donne encore souvent à ces processus, « faire son deuil » ne signifie pas passer par une série d'étapes successives, dans un ordre précis (déni - colère - tristesse - acceptation).

Pourquoi je ne vis pas le deuil comme les autres ? J'ai l'impression d'être anormal·e.

Certaines personnes pleurent beaucoup. D'autres ressentent peu d'émotions, sont comme anesthésiées. Certaines ont besoin de parler, tandis que d'autres préfèrent rester seules. Certaines se lancent dans une frénésie d'activités, et d'autres au contraire arrêtent tout.

Il n'existe donc pas une « bonne » façon de faire son deuil. Les ressentis liés au deuil peuvent se mélanger (la tristesse peut côtoyer la colère, la culpabilité, le ressentiment, le soulagement...), et peuvent créer beaucoup d'ambivalence.

« Je pensais m'être remis·e de cette perte, mais voilà que je replonge. »

Le deuil évolue généralement avec le temps. La douleur peut progressivement devenir moins envahissante et la personne peut retrouver des moments de plaisir, de projets et de connexion aux autres, tout en continuant à ressentir de la tristesse ou à penser à la personne ou à la situation perdue.

Mais la douleur peut aussi se réactiver de manière vive lors d'événements, particulièrement les anniversaires, de l'évocation de souvenirs (photos, rencontres), et lors d'étapes de vie importantes.

« On me dit que je dois parvenir à oublier, à tourner la page. Mais je n'y parviens pas. »

Faire un deuil ne signifie pas oublier. Il s'agit plutôt, progressivement, de trouver une nouvelle manière de vivre avec l'absence et de donner une nouvelle place au lien qui nous unissait à la personne ou à ce que nous avons perdu.

Quand le deuil devient particulièrement difficile

Certains deuils sont plus complexes à traverser que d'autres. La relation avec une personne décédée peut avoir été très fusionnelle, conflictuelle, ambivalente ou marquée par des blessures anciennes. La perte peut avoir été brutale, inattendue ou particulièrement violente. Perdre son job dans des circonstances injustes et maltraitantes par exemple.

Le décès d'un être cher peut avoir été précédé d'une longue période de maladie, d'épuisement ou d'accompagnement d'un proche. On parle alors de « deuil blanc », qui commence dès que l'on a connaissance de la mort prochaine.

Les circonstances, le contexte de la perte peuvent compliquer le processus, comme par exemple :

  • plusieurs pertes à répétition ;
  • une relation très conflictuelle ou ambivalente avec la personne décédée ;
  • des sentiments de culpabilité importants ;
  • l'absence de possibilité de dire au revoir ;
  • l'absence de possibilité de résoudre des conflits ;
  • un manque de soutien familial ou social...

Dans ces situations, le deuil peut devenir particulièrement douloureux et nécessiter davantage de temps ou un accompagnement spécifique.

Deuil difficile et traumatisme : deux réalités qui peuvent se rencontrer

Il est important de distinguer le deuil du traumatisme. Un décès peut être profondément douloureux sans être nécessairement traumatique sur le plan psychologique. À l'inverse, certaines circonstances de la perte peuvent provoquer un véritable traumatisme, comme par exemple :

  • une mort brutale ou inattendue ;
  • une injustice ;
  • un décès traumatique ou violent ;
  • la perte d'un enfant ;
  • un suicide ;
  • …

Lorsqu'une personne est confrontée à une scène particulièrement violente, à une mort inattendue, à des images intrusives, à des sensations corporelles très fortes ou à un sentiment intense de menace, son système nerveux peut rester comme « bloqué » dans l'expérience vécue.

La personne peut alors revivre certains éléments de l'événement sous forme d'images, de cauchemars, de sensations physiques ou de réactions émotionnelles intenses. Elle va alors en toute logique chercher à éviter tout ce qui lui rappelle ce qui s'est passé, ce qui peut « rétrécir » peu à peu sa vie.

Dans ce contexte, il ne s'agit plus seulement d'accompagner la tristesse liée à l'absence. Il est nécessaire de prendre en charge le traumatisme lui-même.

Ces deuils que l'on croit « non résolus »

On entend parfois dire qu'une personne « n'a pas fait son deuil ». Cette formulation peut être culpabilisante.

Il n'existe pas de date limite à partir de laquelle on devrait avoir cessé de souffrir. Certaines personnes restent profondément touchées par une perte plusieurs années après celle-ci, tout en ayant retrouvé une vie riche, des projets et des relations satisfaisantes.

La question n'est donc pas juste : « Depuis combien de temps cette personne est-elle en deuil ? » Il est beaucoup plus pertinent de se demander : « Comment cette souffrance évolue-t-elle et quelle place occupe-t-elle aujourd'hui ? La personne a-t-elle repris le cours de sa vie ? »

Faites-vous accompagner

Une souffrance mérite particulièrement d'être accompagnée lorsqu'elle reste très intense, empêche durablement de fonctionner au quotidien ou donne le sentiment que la vie s'est arrêtée. Dans ces situations, consulter ne signifie pas que l'on « fait mal son deuil ». Cela signifie simplement que l'on n'est pas obligé de traverser cette épreuve seul·e. Et il est possible d'aller mieux !

La culpabilité de revivre après un deuil

Une difficulté fréquente dans le deuil est la culpabilité de recommencer à vivre. Rire à nouveau. Faire des projets. Partir en vacances. Tomber amoureux. Se sentir heureux.

Certaines personnes peuvent avoir l'impression que retrouver du plaisir signifie oublier celui ou celle qui est parti. Pourtant, continuer à vivre n'efface pas le lien. Le souvenir peut rester présent, autrement. La relation change de forme, mais ce qui a été vécu, aimé et partagé continue de faire partie de notre histoire.

L'objectif d'un accompagnement n'est donc pas de supprimer le lien avec la personne disparue, ou de ne plus penser à la perte qu'on a vécue. Il peut être de permettre à ce lien de trouver une place qui ne soit plus uniquement associée à la souffrance, d'intégrer cet événement dans l'histoire de la personne et de retrouver du sens à la vie.

Un accompagnement qui respecte le rythme de chacun

L'accompagnement thérapeutique d'un deuil ne consiste pas à faire disparaître la tristesse. Il s'agit plutôt d'offrir un espace où la personne peut déposer ce qu'elle vit, mettre des mots sur ses émotions, comprendre ses réactions et progressivement retrouver des ressources.

En effet, plus le temps passe et plus l'entourage a tendance à accepter difficilement que la personne endeuillée reste « bloquée » dans le même état. Et au lieu d'être simplement entendue et reconnue dans cette souffrance, la personne reçoit des conseils qui ne font que renforcer son sentiment de culpabilité, de détresse, d'impuissance.

Les « il faut », « tu devrais », « pourquoi tu ne fais pas » n'aident pas, bien au contraire. C'est là qu'un accompagnement professionnel fait la différence.

Quelles approches thérapeutiques pour accompagner un deuil difficile ?

Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) peuvent notamment permettre de travailler sur les pensées douloureuses ou culpabilisantes, les émotions, les comportements et les relations qui ont été bouleversés par la perte, pour retrouver progressivement du sens.

La mindfulness (ou méditation de pleine conscience) peut également aider à accueillir les émotions difficiles sans chercher systématiquement à les éviter ou à les combattre. À s'accueillir dans ses difficultés, à retrouver un espace de paix intérieure.

La thérapie du trauma, une prise en charge centrée sur le psychotraumatisme, est importante afin de travailler spécifiquement sur les souvenirs traumatiques, les images intrusives, les cauchemars, les sensations et émotions envahissantes, et les mécanismes d'évitement. Cet article sur le psychotrauma détaille davantage ce mécanisme et les pistes pour le travailler.

L'hypnose peut constituer un outil complémentaire pour favoriser l'apaisement, travailler sur certaines émotions ou certains liens, faire la paix avec soi-même ou avec un proche disparu, ou accompagner symboliquement certaines étapes du processus. Cet article détaille le déroulement d'une séance d'hypnose thérapeutique si vous souhaitez en savoir plus.

L'approche doit toutefois rester individualisée : il n'existe pas une technique unique adaptée à tous les deuils. Et parfois, il faut simplement pouvoir parler, être accueilli·e dans sa souffrance, dans son ambivalence, être entendu·e et reconnu·e, sans jugement.

Dans mon approche de thérapeute, j'intègre différentes méthodes afin d'adapter l'accompagnement à chaque personne et à son histoire : TCC, hypnose, thérapie systémique, mindfulness et approches spécifiques du psychotraumatisme.

Je suis par ailleurs ouverte à accompagner les personnes en quête de sens face à la question de la vie après la mort. #J'accueillel'extraordinaire

Si vous souhaitez en discuter, n'hésitez pas à me contacter.

Quand demander de l'aide ?

Il n'est pas nécessaire d'attendre d'être « au plus mal » pour consulter. Certaines personnes viennent simplement parce qu'elles ne savent plus comment avancer. D'autres ont besoin de déposer une histoire qu'elles n'ont jamais pu raconter. Certaines souhaitent comprendre pourquoi une perte ancienne continue de provoquer autant d'émotions.

La thérapie peut alors devenir un espace sécurisant pour mettre en mots ce qui a été vécu, sans jugement et sans injonction à « tourner la page ». Il s'agit plutôt d'apprendre, progressivement, à écrire la suite de son histoire.

Il n'est jamais nécessaire de justifier sa souffrance pour avoir le droit de demander de l'aide. Si vous avez vécu une perte et que vous avez le sentiment de ne plus parvenir à avancer, que les émotions sont trop intenses, que certains souvenirs vous envahissent ou que votre quotidien reste profondément désorganisé, ne restez pas seul·e face à ces bouleversements.

Quelques exemples de deuils pour aller plus loin

Rupture amoureuse

Après une séparation, un divorce éprouvant, il est vraiment intéressant de faire le point, de comprendre, de se positionner. Seul·e ou à deux. Faire le point sur sa propre responsabilité dans ce qui est arrivé, sur ce que l'on ne veut plus revivre, et sur ce que l'on veut pour soi à l'avenir dans une relation. C'est d'autant plus vrai lorsqu'il y a eu plusieurs ruptures en lien les unes avec les autres, le même scénario qui se rejoue avec d'autres personnes. Si cette étape vous concerne, cette page dédiée à l'accompagnement de la séparation peut vous éclairer davantage.

Changements de vie importants

Devenir parents, c'est faire le deuil de sa vie d'avant, d'une certaine liberté et spontanéité dans la relation de couple, cela modifie profondément la vie. On peut alors regretter l'insouciance perdue, rejeter le nouveau rythme et cadre de vie, culpabiliser de ne pas ressentir un profond élan de maternité ou de paternité dont la société voudrait nous faire croire qu'il est automatique et « normal », ou encore de ne pas pouvoir « continuer comme avant ».

Vieillir, c'est difficile à accepter, c'est faire le deuil de son corps d'avant, de ce que l'on ne pourra parfois plus faire. La ménopause, l'andropause, le départ à la retraite sont des étapes clefs qui nécessitent de se réajuster pour continuer à vivre une belle vie. Cet article sur la ménopause et l'andropause détaille davantage ces changements et comment les traverser.

Vivre un burnout, ou perdre son emploi, c'est parfois se retrouver en perte de sens, voire complètement perdu·e. Commence alors une nouvelle étape, l'abandon de certaines croyances ou certitudes, pour s'ouvrir à de nouvelles opportunités et mobiliser ses ressources.

Être confronté·e à une maladie, c'est parfois devoir faire le deuil de certaines capacités, de projets, d'habitudes auxquelles on tenait.

Faire son deuil ne signifie pas oublier. Cela signifie peu à peu trouver une nouvelle manière de vivre malgré la perte. Un accompagnement thérapeutique peut permettre de traverser ce chemin à son rythme, avec respect, douceur et sans jugement.

Vous traversez un deuil difficile ?

Que vous soyez à Silly, en Wallonie-Picarde (Ath, Soignies, Enghien) ou ailleurs en Belgique — y compris à Bruxelles —, cet accompagnement est possible en cabinet ou en ligne, à votre rythme.

Questions fréquentes sur le deuil (FAQ)

+ 1. Combien de temps dure un deuil ?

Il n'existe pas de durée standard. Chaque deuil est unique et dépend de la relation, des circonstances de la perte et des ressources de la personne. Certaines personnes retrouvent un équilibre en quelques mois, d'autres ont besoin de plus de temps - cela ne signifie pas qu'elles « font mal » leur deuil.

+ 2. Quand consulter un thérapeute pour un deuil ?

Il n'est pas nécessaire d'attendre d'aller très mal. Vous pouvez consulter dès que la souffrance vous semble trop intense, qu'elle vous empêche de fonctionner au quotidien, ou simplement parce que vous ressentez le besoin d'en parler avec quelqu'un d'extérieur.

+ 3. Quelle est la différence entre un deuil difficile et un deuil traumatique ?

Un deuil peut être très douloureux sans être traumatique. On parle de trauma lorsque les circonstances de la perte (mort brutale, violente, inattendue) provoquent des symptômes spécifiques : images intrusives, cauchemars, sensations de menace persistante. Dans ce cas, un accompagnement centré sur le psychotraumatisme est nécessaire, en complément du travail sur le deuil.

+ 4. Le deuil ne concerne-t-il que la mort d'un proche ?

Non. On peut vivre un deuil après une séparation, une perte d'emploi, une maladie, ou tout autre changement de vie important qui implique de renoncer à une situation ou à une image de soi. Le processus émotionnel est similaire à celui du deuil d'une personne.

+ 5. Peut-on consulter à distance depuis toute la Belgique ?

Oui. Les séances en visioconférence sont proposées à toute la Belgique francophone, y compris Bruxelles, en complément des consultations en cabinet à Silly, en Wallonie-Picarde.

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